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Paire "Je peux agacer..."

 
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Soulage


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MessagePosté le: Jeu 29 Oct - 21:56 (2015)    Sujet du message: Paire "Je peux agacer..." Répondre en citant

 
Citation:
Le plus fantasque des joueurs de tennis français s'est hissé à la 21e place mondiale sans renoncer à mettre un peu de folie sur les courts. En lice à partir de lundi à Bercy, où il reste sur une sortie houleuse, Benoît Paire, 26 ans, n'est toujours pas du genre à mâcher ses mots.

Au terme d’une année à son image, l’enfant terrible du tennis français a commencé par toucher le fond en février (149e mondial) pour connaître le meilleur classement de sa carrière (21e) avant de débarquer à Bercy, ce lundi. Il a gagné un tournoi de troisième zone en Future, deux Challengers, et aussi son premier titre sur le grand circuit à Bastad, cet été en Suède, dans une sorte de « Grand Chelem » unique en son genre. Sur cet Avignonnais de 26 ans décalé, attachant et énervant, on a tout entendu. Qu’il fallait qu’il fasse la paix avec lui-même. Qu’il était un étalon mal formé. Qu’il avait parfois des attitudes choquantes. Viré de la fédération à 19 ans, Benoît Paire n’a jamais renoncé à ses principes de vie. Hors norme dans son jeu et dans son comportement, il a une vertu principale quand on veut l’écouter : dire toujours ce qu’il pense.
 
Vous allez retrouver Bercy, là où il y a deux ans pour votre dernière apparition, vous aviez traité le public d’« abrutis ». Vous craignez ce retour?
Oui, j’appréhende un peu. Mais je me dis que ça date d’il y a deux ans et que pas mal de choses ont changé depuis. Et j’ai hâte d’y retourner, finalement ! J’ai fait deux Bercy et ça s’est mal passé deux fois. La première fois, en 2012, j’ai été sifflé après un match contre Nishikori ; la deuxième, c’était l’année suivante, face à Pierre-Hugues Herbert que j’avais joué blessé avec une fissure du tendon, parce que je pensais que le tableau était correct pour moi. Mais je me suis rendu compte que j’avais beaucoup trop mal, ça ne s’est pas passé comme je le souhaitais et je l’ai mal vécu.
 
Vous regrettez ce que vous avez dit ce jour-là à la sortie du court, après cette défaite au premier tour ?
Je ne regrette pas cette phrase, même si j’ai un peu dépassé les limites en m’énervant alors que j’aurais dû abandonner avant. C’est tout. Je suis sifflé parce que je m’énerve, et parce que le public de Bercy est particulier, faut pas se le cacher. Le moindre faux pas, le moindre petit signe d’agacement, la moindre discussion avec l’arbitre, hop ! direct sifflet. « Abrutis », c’était plus pour ceux qui me sifflaient pour rien. Quand je suis rentré sur le court, j’avais déjà eu droit à « Paire de couilles » et autres, des petites réflexions qui ne font pas du bien. Je ne pense pas avoir dépassé les limites. Il y a vraiment des abrutis. Des gens qui ne comprennent vraiment pas le tennis, qui feraient mieux de rester chez eux.


« Parfois, il m'arrive d'avoir envie de quitter un court. Si je n'ai pas envie, autant rentrer à la maison ! »


C’est dur d’être pris pour le sale gosse ?
Je préfère être comme ça que d’être lisse, de passer inaperçu. Et que personne ne se souvienne de moi. Je suis plutôt fantasque. Sur le court, j’essaie de prendre du plaisir, j’essaie d’en donner, j’essaie de faire un spectacle. Je ne me force pas, c’est juste que je suis comme ça. J’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire. Quand je veux quelque chose, je le prends. Quand je veux aller quelque part, j’y vais. Parfois, il m’arrive d’avoir envie de quitter un court. Si je n’ai pas envie, autant rentrer à la maison ! Avant, j’étais capable de balancer un match quand j’étais dans ces états-là. C’est beaucoup moins le cas maintenant. Mais ce n’est pas toujours simple de gérer ça sur un court.
 
Si le tennis vous met dans ces états-là, pourquoi avoir continué ?
Parce qu’il y a des moments tellement bien que rien n’égale ça. Je me souviens d’un match contre Kyrgios à l’Open d’Australie, l’an dernier, c’était juste génial avec l’ambiance qui régnait là-bas. Je n’oublie pas les quatre mois que j’ai passés dans un lycée agricole quand j’étais jeune, à apprendre toutes les différentes races de cochon en arrivant à l’école avec des chaussures de sécurité. Je n’ai pas beaucoup aimé ces mois-là, rien ne m’intéressait…
 
On a l’impression que vous êtes centré sur vos sensations, quitte à oublier ce qui se passe alentour et flirter parfois avec l’irrespect…
C’est vrai, je suis beaucoup sur la sensation dans tout. Sur ce qui me fait du bien. Sur le son de la balle ou le bruit de la raquette à l’entraînement. Quand je joue, si je ne sens pas bien la balle, je vais dire : « Hou là là, c’est catastrophique. Je ne vais pas gagner. » J’ai un peu changé là-dessus, mais l’histoire des sensations, c’est toujours un peu sensible. Je suis toujours à la recherche de la perfection.
 
Cette quête de perfection, d’où vient-elle ?
C’est drôle, parce ce que, dans la vie, je ne suis pas perfectionniste du tout. Ce n’est qu’en tennis que je ressens ça. Depuis tout petit, je sens ce regard des autres. Je me mets dans la tête des gens et je me demande : « Qu’est-ce qu’ils se disent en me regardant jouer ? Est-ce qu’ils se disent : “Il est nul” quand je rate un coup ? » Ça me fait poser pas mal de questions. Aujourd’hui, j’arrive à prendre du recul parce que j’ai un autre statut. Je sais que les meilleurs arrivent à rater des coups très faciles. Mais avant, ça m’a beaucoup pesé. J’avais du mal à m’entraîner devant du monde. Mais j’ai franchi un cap.

En octobre à Tokyo, le Français perd son sang-froid au 2e tour face au Chypriote Marcos Baghdatis. (Julie GLASSBERG
Souvent, vous parlez de déclic. Et une semaine après, vous replongez dans vos travers…
Vous savez où j’ai eu cette sensation d’avoir grandi ? À Bressuire, en tout début d’année. Un simple tournoi Future. C’était parti d’une défaite juste avant en qualifs de l’Open d’Australie, où je n’avais plus aucun repère, après presque huit mois sans jouer à cause d’une blessure au genou. J’ai donc décidé d’aller à Bressuire et là, à partir du premier point, j’ai commencé à serrer les dents alors que je jouais contre un 700e mondial, au premier tour d’un tournoi Future pour gagner un point ATP ! C’était à double tranchant. Si je perdais au 1er tour, ça me coulait complètement… Mais ça a payé. J’ai vu que je pouvais avoir la niaque dans ce genre de circonstances. Je l’ai fait avec mon instinct. Mon instinct, il est parfois complètement bête, mais là, je savais ce dont j’avais besoin. Et quand j’ai gagné là-bas, je me suis dit : « J’ai changé, je ne suis plus le même homme. » Ce tournoi m’a fait vraiment du bien.
 
Malgré tout, on vous a vu craquer quelques mois plus tard dans un Challenger en Italie à San Benedetto (une vidéo le montre lâchant de nombreux points sans même jouer)…
Je lâche, je lâche. Mais on en a trop parlé ! J’avais mal au pied. Je menais, il faut le savoir, 6-1, 2-1 break, juste avant que la douleur ne soit trop vive (il abandonnera face à Filippo Volandri sur le score de 6-1, 2-6, 2-0).
 

Vous n’arrivez pas à avoir une attitude normale, même en perdant ?
Je suis mauvais perdant, et ça, c’est une valeur positive. Détester perdre, c’est bon. Si on ne râle pas quand on perd… Et puis après ce fameux match, moi, je savais que ça allait. Je rassurais tout le monde : « Ne vous inquiétez pas ! Je me sens bien. » Peu de temps après, je gagne à Bastad (tournoi ATP 250, fin juillet en Suède).
 
Le mois dernier à Tokyo, vous avez joué en demi-finales avec des chaussures trouées. On se dit fatalement que cette réputation de tête en l’air est quand même fondée…
Ça montre surtout que je suis un peu superstitieux ! Ces pompes, je les aimais parce que je gagnais. Oui, elles sont trouées, mais c’est ma paire fétiche. Et ça ne m’a pas empêché de battre Nishikori chez lui, là où il est une idole ! Ce n’était pas un show. Le niveau de jeu était tellement bon que les gens me respectaient. Et cette sensation, je l’ai aimée.


« Les Tsonga, Gasquet, Monfils sont devant. Maintenant, il va falloir les taper ! »


Ça donne des idées ?
Forcément. Je me dis maintenant que je suis capable de faire un gros truc en Grand Chelem. Mais il faudra passer certains caps. Jouer par exemple des Français en me persuadant que je peux les battre. En septembre, quand je suis arrivé contre Tsonga en huitièmes de finale de l’US Open, je savais que ça allait être pour moi un match très compliqué parce que je le respecte beaucoup. Et ça s’est vu. Pour l’instant, les Tsonga, Gasquet, Monfils sont devant. Maintenant, il va falloir les taper !
 
Vous avez dit un jour : « J’ai toujours réussi sans faire beaucoup d’efforts, pourquoi me mettre minable ? » Quels efforts êtes-vous prêt à consentir aujourd’hui ?
Je suis prêt à changer pas mal de choses. Tout changer, non ! Je ne ferai jamais comme Federer, qui a changé son attitude du jour au lendemain. Impossible. La vie de Djokovic, avec sa diététique, ses étirements et tout ça, je ne peux pas ! Au bout de deux mois, je craque. Je pense que je vais travailler plus dur, mais je ne serai pas celui qui va faire deux séances de physique par jour, qui va se mettre chiffon à chaque entraînement. Le développé-couché ? J’ai même régressé, ça me faisait mal à l’épaule. Mais je me fais masser, maintenant ! J’ai prévu une préparation physique cet hiver avec Paul Quétin (préparateur physique de l’équipe de France) à Paris. Et je fais un peu plus attention à ce que je mange. J’ai pris un burger à Brest, mais juré, ça faisait un petit moment que je n’en avais pas mangé.
 
Vous pensez qu’un « fou » de votre espèce peut avoir sa place au sommet de la hiérarchie ?
Oui, je le pense. Il faut rester calme dans la folie, mais il en faut un peu pour essayer de perturber les mecs trop sérieux et les détrôner. J’ai le sentiment que beaucoup de gens ressentent ce besoin de plus de folie dans le jeu, de joueurs plus attractifs. J’aimerais bien que la nouvelle génération fasse bouger les choses. Il faut des gens comme Fabio Fognini, avec qui il se passe quelque chose. En tout cas, je préfère être comme je suis que comme certains tops 10 dont on ne parle jamais.
 
Vous sentez que ça commence à prendre autour de vous ?
Oui. Avec mon niveau qui monte, ma vie privée, je sens que ça bouge. Je sens qu’en fin d’année je vais avoir beaucoup de sollicitations… Avant, les sponsors avaient un peu peur de se mouiller, vu ma réputation. En tapant Benoît Paire sur internet, c’était cassage de raquette, et ce n’était pas forcément bon pour la marque. Il faut savoir qu’il n’y a pas non plus que des spécialistes dans le sponsoring… Maintenant, je suis non seulement celui qui est bon au tennis, mais dont en parle beaucoup.

Benoît Paire a rallié la planète people depuis qu'il est en couple avec la chanteuse Shy'm, ici lors du dernier US Open. (Corinne DUBREUIL/ABACA PRESS
C’est vrai qu’avec la chanteuse Shy’m pour compagne, vous passez en mode people…
J’ai plutôt bien géré ce côté paparazzi. C’est quelque chose que je ne connaissais pas, ça m’a un peu surpris. Mais après, ça fait partie de leur job, je l’ai accepté, ça s’est vite calmé. Chanteuse, ça se rapproche du milieu du tennis avec des sacrifices et des tournées. Il faut trouver une bonne personne qui est capable de comprendre mon métier. En ce moment, ça se passe très bien.
 
Votre look y contribue aussi un peu, non…
Le travail sur le look, je le fais tout le temps ! J’aime bien être présentable, avoir une belle tenue ; un bon style. Dans la vie, je me regarde beaucoup. Coiffure, mode, c’est quelque chose d’important.
 
Et puis il y a votre jeu, totalement hors norme… Ces amorties revers, elles viennent d’où, au fait ? 
Du Pont-du-Gard, avec mon frère. On se faisait un petit terrain, et on s’organisait des parties pendant deux-trois heures. Entre les arbres, sur de la terre, on montait un filet de volley. Les grands-parents venaient nous voir jouer. Ce n’était que du jeu en toucher. Ça m’a fait travailler les petits coups. Quand je me retrouve à faire un contre-amortie, j’en ai fait tellement quand j’étais petit, que maintenant je sais quoi faire…
 
Ne me dites pas que vous n’abusez pas parfois de vos « Paireries » pour déstabiliser vos adversaires…
Je ne suis pas provocateur, mais je peux agacer certains joueurs… Les gens peuvent avoir l’impression que je me fous un peu de leur gueule avec mes coups bizarres, mes amorties, mes postures. Mais si certains le prennent mal, tant pis pour eux. Je n’en ai rien à foutre. Tant que je gagne mon match.


« On a critiqué Arnaud Clément. Mais c'était la faute des joueurs qui n'ont pas fait le job »


Vous vous sentez bien sur le circuit ?
Avant, j’étais à faire ami-ami avec tout le monde. Maintenant, je suis plus à faire mon truc. J’ai Stan (Wawrinka) et Édouard (Roger-Vasselin) comme amis, et ça va. Le fait d’avoir gagné un titre change le regard des autres joueurs. On me voyait comme le Benoît qui allait forcément finir par craquer. Maintenant, on me regarde plutôt comme celui qui est très dangereux et qui peut battre n’importe qui.
 
Ça peut plaire à Yannick Noah… 
C’est quelqu’un que je ne connais pas du tout. On a discuté deux minutes récemment à Roland-Garros. Pour l’instant, je fais mon truc. Pour être honnête, j’étais très proche d’Arnaud Clément. Ce qui s’est passé envers lui n’a pas été correct. Arnaud était capable de la faire gagner, cette Coupe. Ça n’a tenu qu’à un double contre les Britanniques. Si on le gagne, la Coupe, elle est pour nous. Clément, il n’a juste pas eu de chance. On l’a critiqué, mais ce n’était pas sa faute. C’était la faute des joueurs qui n’ont pas fait le job qu’ils devaient faire, faut pas se cacher.
 
Est-ce que vous vous sélectionneriez en Coupe Davis ? Rapport à votre instabilité…
Pour l’instant, je sélectionnerais les meilleurs. Richard, Gaël, Jo. Mais sur un match important, je pense que je serais capable de faire la différence. J’adore me transcender. Et sur un cinquième match, je me sentirais bien.





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MessagePosté le: Jeu 29 Oct - 21:56 (2015)    Sujet du message: Publicité

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croline


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Inscrit le: 25 Avr 2012
Messages: 6 982

MessagePosté le: Ven 30 Oct - 12:49 (2015)    Sujet du message: Paire "Je peux agacer..." Répondre en citant

Merci pour l'itv Soulage.
Les itv de benoit comme il dit ce qui lui passe par la tête sont toujours assez intéressante, ce genre d'itv résumer d'une saison l'est particulièrement. Dans ce qu'il peut dire sur ce qu'il compte faire et ce qu'il ne fera pas, on a des réponses qui apprennent des choses, intéressant de voir qu'il compte travailler sa prépa physique hivernal avec quétin.


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Soulage


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Inscrit le: 22 Oct 2012
Messages: 3 854

MessagePosté le: Ven 30 Oct - 16:57 (2015)    Sujet du message: Paire "Je peux agacer..." Répondre en citant

Sa spontanéité évite les interview langue de bois  Wink Il est branleur sur les bords avec ces je fais ce je veux et c'est tout  Laughing mais il a un regard assez juste sur lui et il peut progresser au classement

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:29 (2017)    Sujet du message: Paire "Je peux agacer..."

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